Un artisan installé à Martigues travaille aussi à Istres, Port-de-Bouc, Châteauneuf, Sausset. Logiquement, il aimerait apparaître quand quelqu’un cherche son métier dans chacune de ces villes. La tentation est connue : dupliquer une page, remplacer le nom de la commune, publier quinze fois. J’ai vu des sites en faire cinquante d’un coup.
Ça ne marche pas, ou plus. Google repère très bien ces pages clonées, en garde une ou deux dans l’index et ignore les autres. Dans le pire des cas, l’ensemble du site perd en crédibilité, parce que l’algorithme y voit un contenu fabriqué pour les moteurs plutôt que pour les visiteurs.
Il existe pourtant des façons propres de couvrir un secteur. Elles demandent plus de travail, mais elles tiennent dans le temps.
D’abord, décider quelles communes méritent une page
Toutes les villes de votre zone ne se valent pas. Avant d’écrire quoi que ce soit, je regarde deux choses : le volume de recherche réel (même approximatif, via Google Keyword Planner ou les suggestions de la barre de recherche) et la réalité du terrain. Est-ce que l’entreprise a déjà fait des chantiers là-bas ? Est-ce qu’elle a des photos, des clients, des anecdotes ?
Si la réponse est non, la page n’aura rien de concret à dire. Mieux vaut alors citer cette commune dans une page plus large (« nous intervenons aussi à… ») que de lui consacrer une page creuse.
Une page locale doit contenir ce qu’aucune autre ne contient
C’est la règle que j’applique. Si je peux remplacer le nom de la ville par un autre sans que le texte devienne faux, la page est à réécrire. Concrètement, une bonne page locale parle de choses propres au lieu :
- les quartiers ou hameaux où l’entreprise intervient souvent ;
- le type de bâti local (maisons de village, pavillons des années 70, résidences en bord de mer) et ce que ça implique pour les travaux ;
- un ou deux chantiers réalisés sur place, avec photos ;
- les délais d’intervention depuis le siège ;
- un avis client de la commune, s’il existe.
Avec ça, chaque page devient utile en soi. Le visiteur d’Istres lit quelque chose qui le concerne, pas un texte passe-partout.
La page de la ville principale reste la plus forte
Une erreur fréquente consiste à traiter toutes les communes au même niveau. La ville où l’entreprise est installée mérite une page beaucoup plus complète que les autres, parce que c’est là que la fiche Google, l’adresse et la plupart des avis convergent. C’est aussi là que les chances de se classer sont les meilleures.
Pour mon activité, par exemple, la page la plus travaillée est celle sur la création de site internet à Fos-sur-Mer, là où je suis installé. Les communes voisines y sont citées, mais elles ne sont pas déclinées en quinze pages quasi identiques.
Relier les pages entre elles
Une page locale isolée, que seul le sitemap mentionne, a peu de chances d’être indexée. Google a besoin de liens internes pour comprendre qu’elle compte. Je relie donc chaque page locale depuis l’accueil ou depuis une page « zone d’intervention », et je fais en sorte que les pages de service pointent vers les pages locales pertinentes.
Le texte du lien a son importance. « Cliquez ici » ne dit rien. « Rénovation de façade à Istres » dit exactement de quoi parle la page de destination.
Le cas des trajets et des zones de passage
Certains métiers se prêtent mieux à une logique de trajets qu’à une logique de villes. Un taxi, un déménageur, un service de livraison sont cherchés avec des requêtes du type « Martigues aéroport Marignane ». Dans ce cas, une page par trajet, avec la durée, les horaires habituels et les contraintes du parcours, est bien plus utile qu’une page par commune de départ.
Mesurer avant d’en ajouter
Avant de créer de nouvelles pages locales, je regarde ce que font les existantes dans Search Console : impressions, position moyenne, clics. Une page qui ne reçoit aucune impression au bout de trois mois a souvent un problème d’indexation ou de maillage, pas un problème de quantité. En ajouter d’autres ne réglera rien.
Le référencement local récompense la précision plus que le volume. Cinq pages bien documentées font mieux que cinquante copies. C’est l’approche que je suis chez DZIGNWEB, l’artisan du numérique, et c’est celle que je recommande à toute petite entreprise qui veut étendre sa visibilité au-delà de sa commune.